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Maladie Tropicale

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les avis de Cinemasie

4 critiques: 3.88/5

vos avis

18 critiques: 3.15/5

visiteurnote
Tred 0.25
Titeuf@ 4.25
Pikul 2.75
Oh Dae-soo 2.5
Nicolas D. 4.25
mattMAGNUM 4
Manolo 3
Kit Mat 2.5
JoHell 2
jep 4.5
Izzy 3.5
Iron Monkey 2
Illitch Dillinger 4
hendy 5
Bastian Meiresonne 4
Bamboo 1.75
Bama Dillert 2.5


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

Fumisterie démente

Blissfully Yours avait curieusement fait illusion en s’appuyant sur le concept du temps réel, deux ans avant qu’il ne soit remis au goût du jour par 24 heures chrono. Le problème était que pour un film qui se voulait une enclave temporelle dans laquelle un couple s’abandonne à la nature, la photo était d’une laideur hors de propos, et la mise en scène se révélait complètement incapable de donner la moindre sensualité aux corps et surtout à la nature. Et comme Blissfully Yours demandait aux spectateurs le même abandon qu’à ses personnages, il fallait beaucoup de fatigue / de bonne volonté / de gentillesse (au choix) pour se laisser envoûter par la chose, au-delà de la défense pour le principe du film arty de l’année. Vaste fumisterie qui avait réussi son coup. Bonne nouvelle. Dans Tropical Malady, il y a enfin un bon chef - op (en fait trois) à la mesure des ambitions sensorielles du réalisateur : le film baigne dans une lumière douce, délicate et pour le coup vraiment sensuelle et attirante. Il y a de la lumière mais aussi des plans, du montage, du rythme. Il y a enfin de la mise en scène, et non plus un concept qui faisait office de mise en scène à coups de plans séquences télévisuels. Ça y’est, Apichatpong Weerasethakul réussit enfin à être glamour. Après une première séquence très intrigante, et un générique tout autant, Tropical Malady débute par la chronique délicate d’un amour entre deux jeunes Thaïlandais, un soldat et son petit ami dans le civil. C’est doux, c’est apaisant, et c’est même drôle, tant cela ressemble à du faux Hou Hsiao-hsien. Un Hou Hsiao-hsien qui serait devenu subitement extrêmement naïf, à la limite de la mièvrerie la plus complète. Certains dialogues sont tellement niais qu’ils en deviennent désarmants. En même temps, j’ai ressenti beaucoup de plaisir à suivre ces deux jeunes amoureux en vacances touristiques pendant la permission du soldat. Ecran noir. Long Ecran noir. J’ai d’abord cru, comme tout le monde, à un problème de projection, avant de me rappeler que le réalisateur du film que j’étais en train de voir s’appelait Apichatpong Weerasethakul, et qu’il avait réalisé Blissfully Yours, vaste fumisterie. Tropical Malady était jusque là trop naïf, certainement trop premier degré pour être honnête. Un deuxième film commence. Quelques cartons nous expliquent une légende thaïlandaise. Un homme dans la jungle à la poursuite d’un tigre, de l’esprit d’un tigre. Ou d’un homme tigre. On n’est plus très sûrs. Les deux hommes qui jouent au chat et à la souris devant nous sont peut-être les mêmes que dans le premier film. On n’est pas sûrs. Sont-ce les mêmes acteurs ? D’une lenteur inouïe, ce deuxième film ressemble à un remake version film d’auteur radical de Predator, rien que ça. La mise en scène est impressionnante. La jungle est magnifiquement filmée, dans un jeu d’ombre et de lumières d’une beauté tranquille. Le travail sur le son est phénoménal et contribue à la sensation d’immersion complète dans la jungle. Cette fois-ci, la chose est vraiment envoûtante. Qu’importe qu’il n’y ait aucun rapport autre que métaphorique ou symbolique entre les deux films (aucun élément ne viendra étayer la chose). Qu’importe que le film ne se termine pas vraiment (à vrai dire, aucun des deux films que contient Tropical Malady ne se terminent). Qu’importe que je n’aie pas arrêté de me marrer pendant toute la projection en me répétant mentalement « Qu’est ce qu’il est train de nous faire, là ? ». Oui Tropical Malady est une vaste fumisterie. Tout comme l’était Blissfully Yours. Sauf que cette fois-ci, la fumisterie est une proposition de cinéma démente qui résiste à tout concept facile. Apichatpong Weerasethakul est le plus fascinant escroc du cinéma contemporain.

18 août 2004
par Nicolas D.


énorme!!!

alors là, c'est du lourd!!! bon, autant prévenir, ce film c'est "on aime ou on déteste" pour autant, personne peut nier je pense la créativité qui émane de ce "truc" en fait,mieux vaut ne pas trop en parler, et laisser les gens le découvrir par eux même; mais je soulignerai juste le fait que la derniere heure du film est peut etre le truc le plus créatif sorti au ciné ces dernières années....ou l'experience formelle la plus extreme de ces dernières années avec "gerry" moi ca m'a fait penser a du conrad....mais faut en laisser la decouverte.

08 juin 2004
par mattMAGNUM


captivant

Deux films en un. Une première moitié assez convenue qui se regarde d'un oeil distrait. Une seconde beaucoup plus originale et prenante. Je met une note moyenne car je trouve le film pas très accessible.

24 février 2006
par Manolo


Ovni

Film divisé en 2 parties. Très bien filmé, en particulier la nature. Mais je ne sais pas quoi en penser. L'histoire d'amour m'a touché, mais la traque en forêt m'a un peu saoulé... Pour moi, impossible de trancher. Un film d'un autre monde.

07 novembre 2004
par Kit Mat


Métaphore du crapaud

Rien n'y est. Sous ces vrais airs auteuristes poseurs, se cache une volonté de non cinéma tout à fait démonstrative. Ou comment imposer l'art de ne rien montrer. Certes Tropical Malady gagne sur le terrain de l'immédiateté, aucun autre film au monde n'est plus axé volontairement sur le tout tout de suite. Ce cinéaste aura rameuté la critique anti-public à ses certitudes isolationiste. Cannes aura vibrer au son du clairon. Mais est-ce celà le cinéma ? Est-ce une volonté permanente de décrochement ? En ce sens ce film est une véritable course-marathon qui souhaite par son âpreté et son altruisme, perdre le spectateur en chemin. Pari raté, car il demeure une véritable volonté esthétique, dont un plan somptueux, montrant l'homme et la bête face à face lors d'une nuit lunaire, un cliché instantané miraculeux. Celà dit la démarche de faussaire de ce cinéaste à faire croire au crapaud qu'il est un boeuf, me conforte dans mon désir personnel de cinéma total.

28 mars 2006
par Iron Monkey


L'objet de tous les désirs

 "Les films d'Apichatpong Weerasethakul ne s'expliquent pas, ils se vivent". (in "Dictionnaire du Cinéma Asiatique").
Après la reconnaissance internationale de son précédent, "Blissfully Yours" (et ce – en grande partie – en raison du seul fait de l'achat et de l'exploitation du film par Luc BESSON, qui a mis de ses propres deniers pour un retour négatif), Apichatpong profite de l'engouement et de la mise à disposition de fonds bien plus importants pour signer une histoire un brin plus ambitieuse. Il ne trahit pourtant nullement ses propres aspirations artistiques, mais investit l'argent dans un projet fantasmé de longue date, qui l'oblige à délocaliser son film au plus profond de la brousse thaïlandaise et d'intégrer au film des effets spéciaux du plus bel effet. Les dix dernières minutes du film donneront ainsi naissance à l'une des rencontres cinématographiques les plus envoûtantes et insolites de son Histoire.
Comme en s'adressant son propre clin d'œil et de faire écho à son univers, le film s'ouvre sur la découverte d'un cadavre. Pendant un moment, le spectateur pense qu'il s'agit de quelque bête sauvage tué par le groupe de chasseurs / militaires, qui se prennent d'ailleurs mutuellement en photo en posant à côté du corps inerte; il s'agit en fait du cadavre d'un homme, le même (du moins ses vêtements laissent le supposer) que celui qui avait conclu le précédent film du réalisateur, "Blissfully Yours".
Rapidement, on est en terrain conquis avec une approche semi-documentariste d'un sujet qui peine à se dessiner; il faut alors se laisser aller au seul flot d'images et de s'imprégner des petits riens qui forment le quotidien. Et en filmant un homme changeant le néon d'une véranda (scène déjà exploitée dans un précédent court-métrage sur le "quotidien en Thaïlande"), des scènes dans une petite ville en provence ou des simples repas en famille, Weerasethakul sait capter au mieux le train-train quotidien des habitants du pays des sourires. Avis aux amateurs: si vous avez déjà visité la Thaïlande et que vous avez eu la chance de vous écarter des sentiers piétinés par les trop nombreux touristes, vous retrouverez instantanément sensations, odeurs et bruits. Si ce pays vous est encore méconnu, sachez que la vie s'y déroule exactement comme dans le film d'Apichatpong. Une admirable reconstitution de la réalité.
Le fameux "point de rupture" arrive pile poil au milieu du film après 57 minutes (le film en fait 114). Un personnage disparaît, seul reste son souvenir sous forme de quelques photos prises par le passé, souvenir qui s'évapore aussitôt par un habile procédé de mise en scène. Noir et embrayage sur une seconde histoire, qui semble ne plus avoir grand-chose à voir avec la première, puisqu'il s'agit de l'adaptation d'une vieille légende khmère sur un chamane, qui possède le particulier talent de pouvoir se transformer en n'importe quelle créature; sauf que cette histoire a été introduite dès les cartons d'explication du premier ("Les hommes sont tous des bêtes sauvages…") et lors de la fin (en "off", on apprend qu'une mystérieuse bête tue le bétail des villageois). On quitte définitivement la ville et les plaines ouvertes (comme dans "Blissfully Yours") pour s'enfoncer au plus loin de la jungle…et de son propre subconscient. En tant que spectateur raisonné, on tâtonne à chercher la suite de l'histoire; or c'est le moment où il faut vraiment se laisser aller au "ressenti" et de "vivre" le film (difficile, je l'admets, sur le petit écran de son salon ou – pire ! – sur son écran d'ordi, alors que le film est facilement trouvable à 5 Euros un peu partout), l'interprétation en découlera tout naturellement en se repassant le trop-plein d'images dans sa tête pendant des jours encore après la vue du film…comme pour la plupart des films d'Apichatpong (je dis toujours: la première vision est chiante à mourir, mais les suivantes révèlent le véritable génie de cet artiste). Métaphore de l'Amour et du sacrifice d'un couple, le film se dénoue en une magnifique séance de pure poésie absolument unique dans l'Histoire du Cinéma. Et de faire d'Apichatpong un re-créateur scénique de la réalité de la vie, mais également un rare poète du subconscient humain.


09 décembre 2008
par Bastian Meiresonne


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